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Grenoble : des lycéens veulent prendre ses poubelles pour le blocus, une dame leur donne une leçon mémorable (vidéo)

Voici la vidéo qui fait le buzz. Selon le compte qui l’a publiée, la dame se retrouve face à des jeunes qui veulent prendre ses poubelles pour le blocus. Sa leçon ne se fait pas attendre, et elle tient en cinq mots : « Je les paye, mes poubelles. »

L’auteur de la publication accompagne la séquence d’un commentaire politique : pour lui, ces images incarnent « la France du réel ». Au-delà de ce commentaire, la réplique touche un point sensible, et c’est ce qui explique le succès de cette vidéo amateur : derrière chaque poubelle brûlée ou détournée, il y a un service public, et quelqu’un qui le finance.

Les circonstances exactes de la scène, comme la suite de l’échange, n’ont pas été précisées. La vidéo ne dit pas si les jeunes ont finalement renoncé. Mais en quelques secondes d’images, cette dame a mis des mots sur une question que beaucoup se posent depuis le début des blocus : qui paie, au bout du compte ?

4/5 « Je les paye » : sur le fond, elle a raison

Sur le fond, la réplique de la vidéo est exacte. Le ramassage des ordures est financé par la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la TEOM, payée par les propriétaires avec leur taxe foncière, puis répercutée sur les locataires dans leurs charges. Dans certaines communes, c’est une redevance qui joue le même rôle.

Et la facture n’a rien de symbolique : selon l’UFC-Que Choisir, la TEOM atteignait 144 € par habitant en moyenne en 2023, en hausse de 20 % en cinq ans. Quand des bacs sont brûlés ou détournés, leur remplacement pèse sur le budget du service des déchets, et ce budget est financé par les habitants.

Côté dégâts, le gouvernement a aussi tranché. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents lorsque des mineurs commettent des dégradations pendant les blocus. Un point à vérifier dans votre contrat d’assurance habitation : la garantie responsabilité civile couvre en principe les dommages causés par les enfants, mais les dégradations volontaires peuvent être exclues selon les contrats.

5/5 Pourquoi cette vidéo fait autant réagir

Comme souvent depuis le début du mouvement, la séquence se lit de deux façons. Pour ceux qui partagent la vidéo, cette dame incarne tous ceux qui subissent les blocus sans y avoir pris part. Pour les organisations lycéennes, le fond du combat reste le même : des classes trop chargées et des professeurs qui manquent.

Les deux ne s’opposent pas forcément. On peut réclamer plus de moyens pour l’école et refuser que les poubelles de son immeuble finissent en barricade. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé le 8 octobre l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus en difficulté.

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