Deux trains à grande vitesse se sont percutés ce mercredi matin dans le centre de l’Espagne. La circulation ferroviaire a été interrompue entre Madrid et l’Andalousie, dans le sud de l’Espagne.
L’Espagne de nouveau meurtrie par un accident de train. Au moins 64 personnes ont perdu la vie et au moins 58 autres ont été blessées dans une collision entre deux trains ce mercredi matin sur une ligne à grande vitesse au sud de Madrid, près de la station d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche. Voici ce que l’on sait.
Que s’est-il passé ?
Peu avant 9 heures, un train de la compagnie privée Iryo circulant de Madrid vers Séville est entré en collision avec un autre de la Renfe, l’équivalent espagnol de la SNCF. Selon le quotidien espagnol El Mundo, le train de la Renfe aurait percuté celui d’Iryo, arrêté sur les voies, à une vitesse supérieure à 100 km/h.
Une photo publiée par le quotidien espagnol El País montre que deux wagons ont déraillé avant de finir en contrebas du talus. Dans un communiqué, le gouvernement de Castille-La-Manche a indiqué que les secours se rendaient sur place. Un « poste médical avancé afin de trier les personnes touchées, de leur prodiguer les premiers soins et de transférer les blessés vers les hôpitaux » a été mis en place. Des images aériennes du ministère de l’Intérieur montraient les secouristes affairés autour de la ferraille enchevêtrée.
Espagne — Les circonstances de la collision
L’accident s’est produit ce mercredi matin.
Source : Guardia Civil, Renfe.
Conséquence, la circulation a été interrompue sur la ligne « à grande vitesse Madrid-Andalousie », selon l’administrateur des réseaux ferroviaires (Adif). Les médias espagnols rapportent des scènes de tension à la gare de Séville, où les deux trains devaient arriver.
« On a vu des wagons complètement détruits. Je vais bien, mais je suis très inquiet, c’est horrible. Certains dormaient, certains travaillaient, il y a eu un énorme choc », a raconté au micro de la RTVE Miguel Angel Perez, un témoin qui dit être sorti du wagon « par les fenêtres ».
La Renfe confirme que « la circulation est interrompue entre Madrid, Ciudad Real et l’Andalousie ». Iryo a pour sa part indiqué collaborer « étroitement avec les autorités compétentes ». Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles sont mobilisés.
À quoi est dû l’accident ?
Pour l’heure, les circonstances exactes de l’accident sont floues et il ne s’agit que d’hypothèses. Mais selon les médias espagnols, plusieurs défaillances de sécurité auraient conduit à la catastrophe.
Collision de trains en Espagne : au moins 30 morts
Il y aurait d’abord eu un dysfonctionnement du système de sécurité LZB, qui gère automatiquement les lignes à grande vitesse en Espagne. Cela aurait mis à l’arrêt six trains dans la zone de l’accident, trois dans chaque direction. Là, selon El País, des agents du centre de contrôle auraient repris le contrôle manuellement sur le trafic et auraient ordonné sa reprise. Sauf que le train Iryo n’est pas reparti, sans que l’on sache pourquoi.
Problème : le train de la Renfe aurait reçu l’ordre de poursuivre sa route, sans s’arrêter ni ralentir, alors que le train Iryo se trouvait pourtant toujours immobilisé sur les voies.
Qui sont les victimes ?
D’après le président de la région de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, interrogé par la RTVE, il y aurait une trentaine de blessés légers et une cinquantaine dont le cas est « urgent ». « Certains » seraient en état critique.
L’ancienne ministre du Travail Fátima Báñez (2011 à 2018) se trouvait dans l’un des trains au moment de l’accident, selon El País. Elle n’a donné aucune nouvelle depuis l’accident.
Quelles sont les réactions ?
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est dit sur X « consterné » après ce « grave accident ferroviaire survenu à Tolède ». « Les services d’urgence interviennent sur place pour venir en aide aux personnes touchées et garantir leur sécurité, en coordination avec toutes les administrations concernées », a-t-il écrit en adressant son soutien « à toutes les victimes et à leurs familles ». Le roi Felipe VI a, lui, déploré « une terrible tragédie ».
Le ministre des Transports Óscar Puente a pour sa part dit se trouver au centre de contrôle « pour essayer d’obtenir toutes les informations possibles ». La ministre de la Santé, Monica Garcia, a expliqué à la télévision publique RTVE que la priorité était de « sortir les gens le plus vite possible ».

